Gemmothérapie, la puissance des bourgeons

J’utilise les macérats de bourgeons depuis plus de quinze ans, et je continue de m’étonner de leur discrétion dans le paysage thérapeutique français. Une plante entière tient dans son bourgeon. Toute l’information génétique, tous les tissus embryonnaires, toute la capacité de croissance que l’arbre déploiera ensuite pendant des décennies. La gemmothérapie exploite cette concentration.

Elle ne relève ni de la phytothérapie classique ni de l’homéopathie, même si on l’y range souvent par paresse. La plante adulte contient des principes actifs stabilisés, différenciés, spécialisés. Le bourgeon contient autre chose, un potentiel encore indifférencié, des facteurs de croissance, des acides nucléiques que le végétal mature a déjà consommés. C’est cette différence qui fait l’intérêt clinique.


Comment fonctionne un macérat de bourgeon

Le bourgeon est récolté au printemps, au moment précis où il gonfle sans encore éclore. Il est macéré frais dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine, chacun de ces solvants extrayant une fraction différente. Le résultat porte le nom de macérat glycériné, et il conserve la totalité du spectre végétal plutôt qu’un extrait sélectionné.

En pratique, cela signifie une action plus large et plus lente que celle d’une plante isolée. On ne cherche pas l’effet immédiat, on cherche le déplacement du terrain. C’est pourquoi une cure de gemmothérapie se pense en mois et non en jours.

Ma posologie de référence reste simple. Deux gouttes par macérat dans trente millilitres d’eau, quatre prises de quatre gouttes dans la journée, sur deux mois minimum. Les cures écourtées donnent des résultats décevants et découragent inutilement.


Les bourgeons dans ma pratique

Certains reviennent presque chaque semaine en consultation.

L’olivier et l’amandier pour l’hypertension et la souplesse artérielle. J’y reviens en détail dans le ginseng et l’hypertension, où ces deux bourgeons occupent une place centrale.

Le cassis, dont l’action cortisone-like reste la plus documentée. C’est le premier réflexe des terrains allergiques et inflammatoires, comme je l’explique dans allergies saisonnières.

Le ginkgo, pour la microcirculation cérébrale, la mémoire et la concentration. Son emploi est développé dans pertes de mémoire.

Le noyer, bourgeon des muqueuses digestives et buccales, indispensable dans les terrains à répétition. Voir les aphtes dans la bouche.

Le sapin, le bouleau et l’églantier pour la reminéralisation osseuse, un usage que je détaille dans ostéoporose, traitement naturel.

Pour comprendre le principe général et les modes de préparation, lisez gemmothérapie, les bourgeons qui soignent.


Ce que la gemmothérapie ne fait pas

Elle ne remplace aucun traitement médical. Un hypertendu sous traitement ne l’arrête pas parce qu’il prend de l’olivier. Un patient ostéoporotique ne renonce pas à son suivi. Les bourgeons accompagnent, soutiennent, déplacent lentement un terrain. Ils n’effacent pas une pathologie installée.

Elle ne se prescrit pas depuis un tableau. Le même symptôme appelle des bourgeons différents selon le terrain, l’âge, l’histoire digestive, le tempérament. C’est la raison pour laquelle je consacre une heure trente à une première consultation.


Pour aller plus loin

Je prépare un ouvrage entier consacré à la gemmothérapie, Gemmothérapie, ces bourgeons qui murmurent à l’oreille de nos cellules, aux éditions Yarâa.

Mes autres publications sont présentées sur la page publications.

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